LA COMPOSANTE EXISTENTIELLE

La narration devient réflexive.

La projection des faits et gestes du quotidien sur la page exerce un fort pouvoir réfléchissant. La surface de la réalité se creuse d'une insoupçonnable profondeur où l'existence puise matière à réflexion. Le point de vue existentiel occupe les lieux communs de notre humanité. La singularité entre en résonnance avec l'universel.

Les faits et gestes qui accompagnent la mort de ceux que nous aimons font vibrer dans les tréfonds de l'être d'indicibles pressentis. Leur irruption sur le théâtre de la vie délivre les ombres de la mémoire des catacombes de l'oubli de soi. Le travail du deuil traduit leurs sambas frénétiques dans l'alphabet des coeurs.

Sur les lèvres éteintes de ma mère erre un soupir veuf des échos multipliés de toutes les enfances.

 Grand livre de réflexion existentielle l'ouvrage coud les motifs de l'extrême soufffrance sur le canevas d'une pensée géante. La mise en examen du mal convoque les symptômes de troubles autistiques et les effets iniques de la jouissance perverse au tribunal de la pensée.

La tragédie historique des camps de concentration fait loupe sur les minuscules désertions qui émaillent le tissu relationnel.

 

Le livre envisage les paramètres d'une vie invivable d'un point de vue existentiel. Le cortège funèbre de l'enterrement de ma mère déroule la sprirale de sa dépression qui frappa le tout début de mon adolescence. Le geste de l'éternel adieu traduit les signes kabbalistiques qui tapissent les murs des forteresses vides du silence en un langage humain.